Accepter son corps dans l’intimité : c’est parfois un défi !

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lI est fréquent, quel que soit notre genre, de ressentir une distance ou une gêne à l’égard de notre corps, surtout dans les moments d’intimité. Les regards que l’on craint, les normes esthétiques omniprésentes, les blessures passées ou les comparaisons permanentes peuvent créer des barrières invisibles entre nous et notre propre peau — entre nous et le plaisir.

Voici quelques mécanismes fréquemment entendus lors de mes consultations au sujet des freins à accepter son corps dans la sexualité :

Les injonctions sociales et culturelles
Notre époque valorise des corps “idéaux” : minces, fermes, “bien proportionnés”. Ces modèles sont souvent peu réalistes et rarement inclusifs. Beaucoup se sentent en décalage avec ces représentations.

La dissonance entre l’image que l’on a et celle que l’on perçoit dans le miroir
Quand notre regard intérieur ne concorde pas avec ce que nous observons, cela peut déclencher du malaise corporel, de la honte ou du retrait.

Les blessures psychologiques liées au corps
Des critiques anciennes, des traumatismes, des remarques blessantes peuvent laisser des traces durables — notamment dans l’intimité, où tout est plus vulnérable.

La peur du jugement ou du rejet de l’autre
Le fait d’exposer son corps dans l’intimité peut réveiller la crainte d’être “trop” ou “pas assez”, d’être jugé ou rejeté.

La dissociation
Pour certaines personnes, l’expérience corporelle est difficile, douloureuse ou associée à des souvenirs négatifs. On peut alors “s’éloigner” de son corps pour se protéger. Le phénomène de dissociation peut parfois relevé du traumatisme : cette dissociation peut etre corporelle mais aussi émotionnelle, elle fait consensus dans le milieu scientifique. N’hésitez pas à en parler à votre professionnel de santé.

Que faire ?

Accepter son corps n’est pas un état fixe ; c’est un chemin, souvent sinueux, parsemé de retours en arrière, de petites victoires et d’ajustements. Voici quelques pistes …

Cultiver la compassion corporelle : parler à son corps comme on parlerait à un ami, reconnaître ce qu’il endure, ce qu’il nous permet.

Pratiquer la gratitude corporelle : énumérer ce que le corps fait pour nous (respirer, se mouvoir, sentir, aimer, ressentir…) plutôt que de focaliser sur ce qu’on voudrait changer.

Travailler sur le contrôle (poids, forme, apparence) : accepter que tout n’est pas sous notre contrôle.

Redéfinir l’esthétique personnelle : autoriser une vision plus large de la beauté, qui intègre les imperfections, l’usure, la singularité.

Explorer via l’expression sensorielle ou artistique : danse, toucher (massage, auto-massage), dessin, toucher conscient, mouvement libre.

Et bien sur, se faire aider par des professionnel.les tel.les que des psychologues, des sexologues, ou autre professionnels de santé et du sport qui peuvent vous aider.

Voici ce que j’aime proposer à mes patient.es. Il est évident que cela y répond de manière spécifique selon les besoins et le parcours de vie de chacun.e. Mais pour vous faire une idée et démarrer quelque part… Voici une proposition.

Exercices d’acceptation de son corps dans la sexualité (inspiration Marrez édition Jouvence 2014)

  1. Prenez quelques minutes pour vous : répertoriez les compliments que vous aimeriez entendre ou que les autres vous font, prenez note de vos atouts. Chaque jour, vous prendrez le temps de vous regarder et de lire ces compliments pour développer une nouvelle voix intérieure plus positive.
  2. Ecrivez la liste de vos qualités, de vos réalisations, de vos relations, de vos aspirations, de vos projets et relisez-là à chaque fois que vous avez un coup de barre.
  3. Dites vous merci tous les jours : merci mon corps, de me permettre de bouger, de faire ce que je veux dans ma vie etc.
  4. Evitez de vous comparer aux autres.
  5. La découverte de votre corps par les 5 sens : regardez-vous nu.e dans une glace. Avant de le faire, relaxez-vous. Lorsque vous vous regardez dans la glace, vous pouvez mettre de la musique, mettre une lumière tamisée, appliquer de la crème sur le corps. VISUELLEMENT : observez-vous sans juger, toutes les parties de votre corps de manière précise, insistez sur les parties de votre corps que vous n’appréciez pas. Si une pensée négative arrive, laissez là arriver, observer cette pensée puis reconcentrez vous sur votre corps. LE TOUCHER : massez, touchez, hydratez avec bienveillance votre corps. OUIE ET ODORAT : sentez votre peau, la crème, écouter le bruit de votre main sur votre corps, de vos ongles, le bruit de la crème qui glisse sur vous.
  6. Prenez vous en photo nu.e. (la photographie, la danse, le dessin aide à l’image du corps et l’estime de soi : danser nu.e ou en sous-vêtements ! Demandez à un photographe professionnel ou à votre partenaire de vous prendre. Allez dans les cours de dessin faire modèle nu.e pour les étudiant.es que vous ne reverrez plus jamais de votre vie).