Le périnée à cinq fonctions, plus ou moins connues ou conscientisées :
- Soutenir nos organes et nos viscères : office de soutènement aux organes pour ne pas qu’ils tombent sous l’action de la gravité et de la pression intra-abdominale.
- Assurer la continence urinaire et anale : dans la vie quotidienne lorsqu’il fonctionne bien, le périnée a un tonus de base permettant retenue et stabilité. Il est utile pour l’évacuation des excréments vers l’extérieur, mais aussi pour les retenir.
- Assurer une partie de la fonction de reproduction.
- Jouer un rôle dans la posture par sa localisation au centre de gravité du corps humain.
- Est indispensable à la sexualité : fonctionnement physiologique, plaisir, excitation, pénétrations.
Le périnée est donc indispensable à notre bien-être sous bien des aspects en étant le lieu de l’assise, de l’échange et de l’élimination. La plupart du temps vous connaissez l’existence du périnée après avoir entendu une amie vous dire qu’elle devait faire, après son accouchement, une rééducation du périnée, ou bien parce que votre prof de Yoga vous a dit de contracter le périnée pour faire telle posture. Au-delà de ça, il est encore bien trop méconnu de toutes et tous pour que vous ayez conscience de la puissance de cette zone.
C’est un groupe de muscles en forme de hamac, qui ferme le bassin par le bas. Il relie le pubis à l’avant, au coccyx à l’arrière et de part et d’autre des ischions, ces deux os sur lesquels nous nous appuyons en position assise, sur les côtés. Nous sommes « assis dessus », sur notre périnée, y compris les hommes. Aussi surprenant que cela puisse paraitre, il est peu connu de nos patient.es.

C’est l’un des rares groupes musculaires qui travaille aussi bien involontairement que volontairement. Cette double spécificité est un point primordial. Le périnée peut travailler seul sans que nous ayons à y penser, mais il est aussi possible de le maitriser volontairement. C’est en partie pour cela que les personnes ne le conscientisent pas. Ils n’ont pas vraiment besoin d’y penser pour que cela fonctionne. Beaucoup ne savent pas qu’il est d’ailleurs possible de le contracter volontairement, souvent parce qu’on ne leur a pas appris ! La contraction du périnée entraine une fermeture des différents orifices, dont le vagin, et une élévation de l’ensemble des muscles. Nous parlons souvent d’un hamac musculaire ou d’un trampoline pour mieux le visualiser.
Ensuite, une forme de diaphragme, de coupole, permettant un fonctionnement global dans tout le corps. Le périnée, nous pouvons aussi l’appeler le « diaphragme pelvien » de par sa géométrie horizontale très spécifique. On parlera de « diaphragme pelvien » pour le périnée et de « diaphragme abdominal » pour le diaphragme respiratoire. Le diaphragme respiratoire, encore un muscle que l’on se représente difficilement alors qu’il nous est indispensable : nous respirons grâce à lui. Le périnée et le diaphragme respiratoire font un mouvement « haut – bas » très spécifique dans le corps par leur horizontalité. Lorsque nous respirons, c’est la concordance de ces diaphragmes qui fonctionnent en même temps. Nous inspirons : le ventre gonfle comme un ballon de baudruche et le diaphragme respiratoire et pelvien descendent ; nous expirons : le ventre, le nombril est aspiré et les diaphragmes remontent. La métaphore de l’ascenseur qui monte et qui descend est plutôt efficace pour visualiser le périnée
Chez les chinois, le périnée est appelé « le muscle des ancêtres » car c’est l’endroit qui cristallise la mémoire de nos origines. Le périnée d’une femme est bien le témoin des évènements de vie, de sa vie émotionnelle. Il arrive que le périnée soit relié à des évènements négatifs : aux violences, aux abus ou une contrariété, un stress. Il fait office de protection en permettant la fermeture des orifices. Il se verrouille sous le poids des douleurs et laisse des indices, des traces de violences que nous retrouvons dans le corps.Heureusement, le périnée est aussi relié à des évènements sources d’émotions positives : la détente, le soulagement – qui ne se sent pas soulagé après avoir été à la selle -, la naissance d’un enfant, l’orgasme dont la facette strictement mécanique est bien une onde de contractions périnéales involontaires, et enfin le plaisir sexuel… Ce plaisir sexuel autour du périnée se rapporte particulièrement à la notion de fusion. C’est grâce aux deux périnées, celui de la femme et celui du ou de la partenaire, que la fusion des sexes se met en place et peut avoir lieu. Il est le socle de notre sexualité pénétrative pour les deux sexes.
Le périnée peut être stimulé lors d’une sexualité « externe » : chez la personne munie d’un vagin, par des caresses autour de l’entrée du vagin, sur la zone de l’anus, la partie superficielle du périnée – la partie extérieure de votre sexe – est en rapport direct avec le clitoris. Le périnée amène également des tensions agréables quand la femme le contracte volontairement ; chez la personne munie d’un pénis, par des caresses qui vont du dessous des testicules jusqu’à l’anus.
Chez la femme, le périnée et sa stimulation a lieu aussi lors de la sexualité « interne » pendant la pénétration par les pressions et dépressions du périnée autour du vagin.
Chez l’homme, des caresses par voie interne également, afin d’accéder à la zone érogène prostatique. Le périnée chez l’homme permet de soutenir l’excitation (l’érection) !
Le périnée est au centre de la pénétration : la manière dont on positionne le bassin, dont on respire, les contractions musculaires des jambes, tout cela modifie l’état de tonicité du périnée. Tout est lié. Savoir jouer avec sa contraction, sa vitesse, sa lenteur, son relâchement… C’est pouvoir moduler notre excitation sexuelle : « de la chaleur », « les papillons dans le bas ventre », « une onde de plaisir », « la respiration qui s’accélère », « une tension sexuelle et génitale agréable». Cela favorise l’échange avec le ou la partenaire qui sent quand la personne le contracte, le relâche et joue avec.
C’est une sorte de communication périnéale. D’abord avec soi-même, mais aussi avec l’autre lorsque les partenaires sont « emboités ».