Sexualité masculine : les idées reçues et les réalités

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La sexualité masculine : bien plus que l’érection et la performance

Quand on parle de sexualité masculine, les premières images qui viennent à l’esprit sont souvent celles de la performance, de la virilité ou encore de l’érection. Pourtant, cette vision réductrice est loin de refléter la réalité. Elle enferme les hommes dans des rôles rigides, les empêchant souvent d’exprimer leur vulnérabilité, leurs désirs ou leurs doutes.

Dans cet article, je vous propose une vision plus nuancée et humaine de la sexualité masculine, basée sur ce que j’observe au quotidien en consultation. Car oui, les hommes parlent de sexualité, et ils le font avec sincérité – pour peu qu’on leur en laisse l’espace.

Les pressions sociales autour de la performance

« Il faut tenir longtemps », « un vrai homme est toujours prêt », « le plaisir de l’autre passe avant tout »… Ces injonctions, souvent intériorisées dès l’adolescence, pèsent lourdement sur la sexualité masculine. Résultat : beaucoup d’hommes vivent leurs rapports sexuels avec une forme de pression, comme s’il s’agissait d’un examen à réussir.

Cette course à la performance peut provoquer de l’angoisse, un manque de plaisir, voire des blocages. Or, la sexualité ne devrait pas être un test, mais une expérience partagée, faite de communication, de respect, de sensations – et parfois d’imprévus.

Troubles de l’érection, éjaculation précoce : quand consulter ?

Ces troubles sont fréquents, mais encore largement tabous. Beaucoup d’hommes attendent des mois – voire des années – avant d’en parler à un professionnel. Par honte, par peur de ne pas être « normal », ou parce qu’ils pensent que « ça va passer tout seul ».

Pourtant, ces difficultés ont souvent des causes identifiables : ignorance du périnée, stress, fatigue, anxiété de performance, changements hormonaux, ou encore facteurs relationnels. Et surtout, elles se prennent en charge. Une consultation avec un·e sexologue, parfois couplée à un avis médical, peut permettre d’y voir plus clair.

💬 Témoignage : “Je pensais que c’était juste dans ma tête. En en parlant, j’ai compris que c’était multifactoriel et qu’on pouvait vraiment améliorer les choses.”

La libido et le désir au masculin : variable, fluctuant… c’est normal

Contrairement à une idée reçue, les hommes n’ont pas toujours une libido “constante” ou “plus forte que celle des femmes”. Le désir masculin est, lui aussi, influencé par le stress, la fatigue, les émotions, la relation de couple, l’histoire personnelle.

Il peut y avoir des phases de désir intense, et d’autres où la sexualité passe au second plan – et c’est parfaitement normal. Apprendre à s’écouter, à communiquer avec son ou sa partenaire, permet d’accueillir ces fluctuations sans les vivre comme des échecs.

Le plaisir chez l’homme : exploration, sensibilité, émotions

Là encore, beaucoup d’idées reçues circulent : les hommes seraient “moins sensibles”, “centrés sur la pénétration”, “moins romantiques”… Pourtant, en consultation, nombreux sont ceux qui expriment un besoin d’exploration, de lenteur, de connexion.

Le plaisir masculin ne se résume pas à l’éjaculation. Il peut être sensoriel, émotionnel, relationnel. Encore faut-il se sentir en sécurité pour en parler et pour l’explorer, seul ou à deux.

💬 Témoignage : “Je n’avais jamais osé dire que j’aimais être touché doucement, que j’avais besoin de tendresse. Maintenant, j’en parle plus librement.”

Parler de ses émotions dans le couple

L’éducation émotionnelle reste encore très genrée. Beaucoup d’hommes ont grandi avec l’idée qu’il fallait “se débrouiller seul”, “ne pas montrer ses failles”, “garder le contrôle”. Pourtant, dans la vie intime, cette fermeture émotionnelle peut être un frein à l’épanouissement sexuel.

Apprendre à exprimer ce qu’on ressent, à dire ses envies, ses limites, ses peurs aussi – c’est fondamental pour construire une sexualité épanouissante et authentique dans le couple. Ce n’est pas toujours évident, mais ça s’apprend, et c’est souvent libérateur.

Quand la sexualité devient source de souffrance : le rôle du sexologue

Certains hommes vivent leur sexualité avec de la souffrance : baisse de désir, douleurs, honte, culpabilité, dépendances sexuelles, etc. Là encore, le silence est fréquent, parfois entretenu par la peur d’être jugé ou incompris.

Consulter un·e sexologue permet d’ouvrir un espace sécurisé, neutre, bienveillant. On y explore les freins, les blocages, les blessures… mais aussi les ressources, les désirs, les envies. Il ne s’agit pas de “réparer” un dysfonctionnement, mais de retrouver du sens et du plaisir dans sa sexualité.

Ressources utiles pour aller plus loin

Voici quelques lectures et références pour approfondir ces questions :

  • Livre de Céline causse « la sexualité masculine dans tous ses ébats »
  • Tous les livres de Catherine Solano et pascal de sutter 
  • Le livre de François de carrufel sur l’ejaculation prématurée  
  • Esther Perel – L’intelligence érotique (sur le désir dans le couple) et clémentine d’aulnois wang dans son podcast
  • Jouissance club de june pla (pour découvrir de nouvelles pratiques)
  • Le désir dans le couple de Laurence dispaux 
  • La malbaise de Margaux terrou (pour comprendre les inégalités dans le couple et comment réenchanter nos ébats)
  • Revue Sexologies  – revue scientifique en sexologie
  • Site de la Fédération Française de Sexologie et de Santé Sexuelle (FF3S) : https://www.federation-sexologie.org

Pour conclure…

La sexualité masculine mérite mieux que les clichés qui l’entourent. Elle est riche, complexe, sensible, parfois vulnérable, toujours unique. En parler, c’est déjà un premier pas vers plus de liberté et de plaisir.