Douleurs masculines et sexualité : quand le corps devient un territoire sensible

2–4 minutes

« J’ai mal, mais je ne dis rien. »
« Ce n’est pas censé faire mal… pourtant, ça brûle, ça tire, ça gêne. »


Les douleurs masculines liées à la sexualité sont bien plus fréquentes qu’on ne le croit.


Douleurs péniennes, périnéales, testiculaires, post-opératoires, cicatricielles…


Et pourtant, elles restent taboues, souvent minimisées ou mal prises en charge.

Dans mon cabinet, j’accueille régulièrement des hommes qui vivent ces douleurs dans le silence, parfois depuis des années.


Entre la honte, la peur du jugement, et le sentiment d’impuissance, la douleur devient un fardeau physique et psychique.

Cet article a pour but de redonner de la visibilité à ces douleurs, d’en expliquer les mécanismes corporels et émotionnels, et de montrer qu’une rééducation globale — corporelle, manuelle et sexologique — est possible.

Comprendre la douleur masculine : un langage du corps

La douleur n’est jamais “dans la tête” — elle est bien ressenti dans le corps et intégrée dans le cerveau.

Chez l’homme, elle se manifeste dans des zones très intimes :

  • le pénis (brûlures, tiraillements, hypersensibilité),
  • le périnée (douleur entre les testicules et l’anus),
  • les testicules ou le scrotum,
  • le bas-ventre ou la zone pelvienne,
  • les cicatrices post-opératoires

Au delà de raisons médicales objectivée, Ces douleurs sont bien réelles et souvent multifactorielles : elles mêlent tensions musculaires, hypersensibilité centrale (dans le cerveau), et vécu émotionnel non exprimé.

Le système nerveux et le nerf pudendal : un acteur clé

Au cœur du bassin circule un réseau nerveux complexe, dont le nerf pudendal.
C’est lui qui assure la sensibilité du pénis, du périnée et de l’anus.
Lorsqu’il est irrité, ou comprimé (rare mais possible), il peut provoquer des douleurs brûlantes, diffuses ou déclenchées par certaines positions (assise, rapports, mouvements).

Les causes sont variées :

  • tension du plancher pelvien,
  • postures prolongées (cyclisme, voiture, travail sédentaire),
  • séquelles d’interventions chirurgicales ou de traumatismes,
  • stress ou anxiété chronique (qui contracte inconsciemment le périnée).

Dans ces cas, la prise en charge doit être pluridisciplinaire : médecin algologue, kinésithérapeute pelvien, ostéopathe, sexologue.
Aucun soin isolé ne suffit, mais la coordination des approches peut réellement soulager et restaurer le confort corporel.

👉 Apprendre à détendre le périnée, à respirer dans le bassin, à reprendre conscience de cette zone sans crainte ni exigence, fait souvent partie du chemin de guérison.

Le bassin est une zone de grande charge symbolique : c’est le lieu du plaisir, du pouvoir, du lâcher-prise.
Quand l’émotion n’a pas pu s’exprimer, le corps la garde.
Et parfois, il parle à sa façon : par la douleur.

L’objectif thérapeutique n’est pas de “chasser” la douleur, mais de l’écouter, la décoder, l’apprivoiser — pour redonner au corps confiance et fluidité.

Réhabiliter le plaisir et le lien à soi

Quand la douleur s’installe, le plaisir disparaît.
Le rapport à soi devient méfiant, parfois douloureux, et la sexualité s’associe à la peur.
C’est là que l’accompagnement sexologique prend tout son sens.

La rééducation ne vise pas seulement la disparition de la douleur, mais la redécouverte du plaisir autrement :

  • plaisir sans pénétration, sans objectif de performance,
  • redécouverte du toucher, de la tendresse, de la respiration à deux,
  • reconnexion au corps non pas comme objet, mais comme partenaire vivant.

En parallèle, un travail avec le ou la partenaire permet de reconstruire la confiance et l’intimité, sans pression ni attente.

Une approche globale et pluridisciplinaire

Les douleurs sexuelles masculines nécessitent souvent une alliance thérapeutique :
médecins algologues, kinésithérapeutes pelviens, ostéopathes, sexologues, psychologues.

Faites vous aider.